Un bail signé engage immédiatement bailleur et locataire, mais tout se complique quand la remise des clés ne se fait pas à la date prévue. Entre obligation de délivrance du logement, date d’effet du contrat de location et calcul des loyers ou indemnités, les règles sont précises, souvent issues de la loi du 6 juillet 1989 et consolidées par la Loi ALUR. Dans la pratique, le blocage vient tantôt d’un retard de travaux, tantôt d’un désistement, ou d’un malentendu sur l’état des lieux d’entrée. Le locataire peut-il refuser de payer si les clés ne sont pas remises ? Le bailleur peut-il imposer l’entrée dans les lieux ? Quelles démarches mènent à une solution rapide sans basculer aussitôt vers un contentieux ?
Dans cet article opérationnel, on suit les pas de deux protagonistes fictifs, Nora (future locataire) et Karim (propriétaire), pour éclairer les zones grises et dérouler des stratégies gagnantes. Vous y trouverez des modèles de trames pour une relance locataire ou une mise en demeure, les voies de recours devant le tribunal judiciaire (ex-Tribunal d’instance), les effets exacts sur le dépôt de garantie, ainsi que des conseils pratiques si une agence immobilière, un professionnel de l’immobilier ou le syndic de copropriété s’interpose. À la clé, l’essentiel à connaître pour faire respecter ses droits sans perdre de temps, ni d’argent, ni de sérénité.
En bref
- Le loyer court en principe à la remise des clés et à l’entrée effective, sauf clause contraire ou retard causé par le locataire.
- Le bail produit ses effets dès la signature : il n’est plus possible de se rétracter librement.
- La Loi ALUR sécurise les obligations d’état des lieux, de remise des clés et de restitution du dépôt de garantie.
- Mise en demeure, constat de commissaire de justice et saisine du tribunal judiciaire sont les leviers gradués en cas de blocage.
- Abus de confiance possible si les clés ne sont pas rendues en fin de bail ; le délai de prescription pénale des délits est de 6 ans.
Bail signé, pas de remise des clés : le cadre légal et vos leviers immédiats
Le point de départ est simple : le contrat de location lie les parties dès sa signature. Toutefois, l’occupation et le paiement du loyer sont rythmés par la remise des clés et l’état des lieux d’entrée. Le bailleur doit délivrer un logement conforme (articles 1719 et s. du Code civil), et le locataire doit en prendre possession à la date convenue. Si Nora a signé pour le 1er du mois, mais que Karim ne remet pas les clés, le loyer ne saurait être exigé tant que la délivrance n’a pas lieu, sauf faute du locataire. Inversement, si Nora fait défaut au rendez-vous d’entrée, elle peut devoir une indemnité d’occupation ou le loyer prévu.
La Loi ALUR a renforcé la logique probatoire : l’état des lieux d’entrée, le nombre de clés, et les modalités d’accès (badge d’immeuble, clé de boîte aux lettres) doivent être clarifiés. Lorsque l’accès dépend d’un syndic de copropriété (copie de badge, changement de cylindre), la coordination en amont évite de faire naître des retards coûteux. Il n’est pas rare que l’achèvement de menus travaux reporte la remise des clés ; ici, un avenant fixant une date d’effet différée sécurise les parties.
Quand le loyer commence-t-il à courir et qui est responsable ?
En pratique, des décisions rappellent que le loyer part au moment de la remise des clés et de l’entrée effective. Le bail peut préciser que le loyer court « à compter de la délivrance des clés », formulation qui écarte les malentendus. Si Karim ne fournit pas les clés à la date convenue, Nora ne saurait être tenue des loyers ; si au contraire c’est Nora qui retarde l’EDL, elle peut devoir une indemnité.
Pour prévenir les litiges, un professionnel de l’immobilier (agent, administrateur de biens) fait souvent signer un procès-verbal de remise reprenant le nombre et le type de clés. En complément, une assurance habitation peut être exigée pour la date d’entrée, mais elle n’emporte pas, à elle seule, prise de possession si les clés ne sont pas délivrées.
- Clause utile : « La prise d’effet et le loyer débutent à la remise des clés constatée par l’état des lieux d’entrée. »
- Preuves à conserver : échanges de mails/SMS, convocation à l’EDL, photos datées, accusés de réception.
- Plan B : si le badge d’immeuble dépend du syndic de copropriété, prévoir une remise en deux temps (clé + badge).
| Situation | Effet sur le loyer | Action conseillée | Référence |
|---|---|---|---|
| Bail signé, bailleur indisponible pour l’EDL | Loyer non dû tant que les clés ne sont pas remises | Mise en demeure de délivrance, proposition de nouvelles dates | Code civil, obligation de délivrance |
| Locataire absent au rendez-vous | Indemnité d’occupation/loyer potentiellement dû | Constat de carence, reprogrammation sous 48 h | Loi du 6 juillet 1989 |
| Badge/clef dépendant du syndic | Entrée partielle possible, loyer dès remise des clés principales | Coordination avec le syndic de copropriété | Loi ALUR, information locataire |
Idée-force : plus la remise des clés est documentée, moins le différend sur le début du loyer trouve à prospérer.

Procédure express en cas d’absence de clés : relances, mise en demeure et preuves
Lorsque la remise échoue le jour J, la chronologie devient cruciale. Nora envoie immédiatement un courriel récapitulatif, puis un message recommandé le cas échéant, rappelant l’heure de rendez-vous, l’absence de délivrance et sa disponibilité pour un nouveau créneau. Cette première relance locataire (au sens de relance adressée à l’autre partie du contrat, qu’il s’agisse d’un locataire ou d’un bailleur selon la position) fixe la preuve d’un comportement coopératif et de bonne foi. Si une agence immobilière est interposée, elle doit tracer ses tentatives : appels enregistrés, mails, propositions datées.
De son côté, Karim, s’il considère que Nora a manqué à ses engagements (absence à l’EDL, défaut d’assurance habitation, pièces manquantes), recourt à un commissaire de justice pour un constat. Ce procès-verbal, très utile devant le tribunal, objectivise la réalité : personne ne s’est présenté ; la porte était fermée ; l’immeuble n’était pas accessible faute de badge fourni par le syndic, etc. Le constat oriente la suite : reprogrammation rapide ou mise en demeure.
La mise en demeure, pivot pour accélérer la remise des clés
Après une relance restée sans effet, la mise en demeure formelle donne un délai clair (souvent 8 à 15 jours) et annonce une saisine judiciaire en cas d’inaction. Un commissaire de justice peut la signifier, ce qui renforce la portée juridique. Pour Karim, la mise en demeure peut exiger que Nora se présente à une date précise, sous peine d’astreinte future ; pour Nora, elle peut exiger la délivrance des clés dans le même esprit.
Point pratique : toujours joindre au courrier le bail signé, les courriels antérieurs, l’attestation d’assurance si disponible, et toute pièce sur l’état du logement. En 2025, la dématérialisation facilite l’archivage : conservez des PDF horodatés et des captures d’écran avec métadonnées.
- Timeline recommandée : relance à J, nouveau créneau sous 48 h, mise en demeure à J+5, saisine à J+15 si blocage.
- Documents clés : bail, état des lieux prévu, attestations, échanges, dépôt de garantie encaissé/non encaissé.
- Rôle de l’agence immobilière : médiation, reporting écrit, proposition d’avenant si la date d’effet doit glisser.
| Étape | But | Preuves à produire | Délai usuel |
|---|---|---|---|
| Relance immédiate | Fixer les faits et proposer une solution | Email, SMS, accusé de réception | Le jour même |
| Constat | Objectiver l’absence de remise | PV de commissaire de justice | 48 h |
| Mise en demeure | Mettre en garde et fixer un ultimatum | LRAR + pièces jointes | 8 à 15 jours |
Pour approfondir les modèles de courriers et les points de droit, une recherche ciblée s’avère utile.
Fil rouge : soyez factuel, rapide, et tenez un dossier irréprochable ; la précision des preuves conduit souvent à une issue amiable en quelques jours.

Que faire si rien ne bouge : référé, astreinte et abus de confiance
Quand les relances échouent, l’escalade procédurale s’impose. La saisine en référé devant le tribunal judiciaire (ex-Tribunal d’instance) permet d’obtenir rapidement une ordonnance imposant la remise des clés sous astreinte (pénalité journalière). Le juge des référés statue sur l’évidence : bail signé, impossibilité d’entrer, urgence manifeste. Dans le dossier de Nora, l’ordonnance pourrait enjoindre à Karim de délivrer les clés sous 48 heures, sous astreinte de 50 € par jour de retard.
En parallèle, si la non-remise s’accompagne d’un comportement fautif (rétention volontaire, chantage), l’action au fond peut viser des dommages-intérêts. À l’inverse, à la fin du bail, lorsque c’est le locataire qui garde les clés, une plainte pénale peut être envisagée au titre de l’abus de confiance (article 314-1 du Code pénal) : un bien (les clés) remis pour un usage déterminé n’a pas été restitué. Depuis la réforme de 2017, rappel utile en 2025, le délit d’abus de confiance se prescrit par 6 ans.
Combien ça coûte et combien de temps ?
Le référé peut aboutir en quelques semaines, parfois moins selon le ressort. Les frais restent maîtrisés : timbre fiscal non exigé pour les contentieux locatifs d’habitation, honoraires éventuels d’avocat (recommandé bien que non obligatoire en principe), coût du commissaire de justice. Le juge peut accorder une somme au titre de l’article 700 du Code de procédure civile pour indemniser les frais irrépétibles.
La voie pénale, elle, s’envisage surtout en fin de bail pour la non-restitution des clés. Elle ne remplace pas l’action civile visant l’exécution du contrat, mais la complète si l’atteinte est caractérisée. Les deux voies peuvent coexister, avec un calendrier coordonné.
- Référé : rapide, pour imposer la remise de clés et fixer une astreinte.
- Action au fond : plus longue, pour évaluer le préjudice (hébergement provisoire, déménagement raté).
- Pénal : ciblé, en fin de bail ou en cas de manœuvres dilatoires manifestes.
| Recours | Objet | Délai moyen | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Référé | Remise immédiate des clés sous astreinte | 2 à 6 semaines | Pièces claires, urgence démontrée |
| Action au fond | Dommages-intérêts et exécution forcée | 3 à 12 mois | Évaluation des préjudices (hôtel, garde-meubles) |
| Plainte pénale | Abus de confiance (fin de bail) | Variable | Prescription 6 ans, preuves cumulées |
Pour mieux comprendre les audiences de référé en immobilier, une recherche vidéo est souvent éclairante.
Fil d’Ariane : la voie la plus rapide est souvent la meilleure ; un référé bien préparé débloque neuf situations sur dix.

Loyers, indemnités et dépôt de garantie : qui paie quoi quand les clés manquent ?
La question financière cristallise les tensions. En principe, le loyer est dû à compter de la remise des clés et de l’entrée dans les lieux. Si Nora n’a pas reçu les clés à la date convenue du fait de Karim, elle n’a pas à payer le loyer tant que la délivrance n’est pas réalisée. Si c’est Nora qui diffère sans motif légitime, le loyer (ou une indemnité équivalente) peut être exigé. Quand le bail prévoit explicitement la date d’effet « à la remise des clés », les débats s’éteignent.
Concernant le dépôt de garantie, l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, rappelé par la Loi ALUR, impose la restitution dans le délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme, et de deux mois en cas de dégradations. Attention : ces délais ne commencent qu’après la remise des clés au bailleur. S’il n’y a pas remise, le compteur n’est pas déclenché. En arrivée, le dépôt ne peut pas légalement être imputé unilatéralement sur les loyers d’entrée si la délivrance n’a pas eu lieu.
Cas limites : désistement, relocation rapide et charges
Un désistement du locataire après signature n’est pas une rétractation libre. Il s’analyse comme un congé avant l’entrée, avec préavis applicable selon la nature du bail (vide : 3 mois, meublé : 1 mois, zones tendues : 1 mois), sauf relocation plus rapide arrêtant les comptes. Si Nora se désiste mais que Karim reloue dès le mois suivant, l’indemnisation se limite à la période non relouée. Côté charges, tant que les clés ne sont pas remises, on évite les indexations ou abonnements ; une coordination avec les fournisseurs est utile pour caler la date de début effective.
L’assurance habitation mérite un focus : elle est généralement exigée avant remise des clés. Mais si la remise est différée par le bailleur, l’assurance peut être repoussée d’un commun accord par avenant. En copropriété, la livraison des badges d’accès ou de la clé de local poubelles, gérés parfois par le syndic de copropriété, doit être synchronisée pour ne pas entraver l’entrée effective.
- Règle d’or : pas de loyer sans clés si le retard vient du bailleur.
- Dépôt de garantie : délais de 1 à 2 mois à compter de la restitution effective des clés.
- Désistement : préavis applicable, modulé par la date de relocation.
| Scénario | Loyer/Indemnité | Dépôt de garantie | Action pratique |
|---|---|---|---|
| Bailleur retarde la remise | Non exigible tant que pas de clés | Non concerné (entrée non commencée) | Avenant de report, date d’effet décalée |
| Locataire retarde l’entrée | Loyer ou indemnité due | Conservé jusqu’à fin de bail | Constat + nouvelle convocation |
| Désistement avant remise | Préavis dû jusqu’à relocation | Imputation possible des loyers dus | Annonce + sélection rapide d’un remplaçant |
Cap à tenir : séparer clairement qui porte la responsabilité du retard, car c’est elle qui détermine qui paie quoi.
Rôle des pros et de la copropriété : agence, syndic et bonnes pratiques de remise
Dans la vraie vie, la remise des clés ne se joue pas toujours à deux. Une agence immobilière peut orchestrer l’EDL d’entrée, coordonner la remise de badge avec le syndic de copropriété et vérifier l’assurance habitation. Un professionnel de l’immobilier aguerri fixe un protocole : convocation formelle, check-list des clés (porte palière, boîte aux lettres, cave, garage, local vélos), numérotation des badges, photographie des trousseaux, signature électronique du PV. Cette rigueur évite 80 % des litiges.
Illustration : Karim délègue à une agence. Le syndic n’a pas encore programmé le badge d’accès. Plutôt que d’annuler, l’agence remet à Nora les clés du logement et du garage, réalise l’EDL, et programme un second rendez-vous le lendemain pour le badge. Le loyer démarre le jour de remise des clés du logement, le badge ne faisant pas obstacle à l’occupation. L’agence documente tout par photos et horodatages. Si le badge tarde, un avenant indique que le gardien facilitera temporairement l’accès.
Trucs et astuces pour une remise sans friction
La veille, un SMS de rappel avec un plan d’accès et le nom du représentant fluidifie la rencontre. Le jour J, prévoir 2 jeux de clés complets si le bail prévoit deux occupants. Penser à tester le fonctionnement en direct : serrure, interphone, portail, boîte aux lettres. En copropriété équipée, vérifier la synchronisation des badges sur le logiciel du syndic. Enfin, envoyer à Nora, en amont, la notice de tri et les horaires d’ascenseur si applicables.
- Check-list clés : porte, cave, garage, boîte aux lettres, locaux communs, compteur.
- Pièces du dossier : attestation d’assurance, RIB, justificatif d’identité, mandat d’agence immobilière.
- Plan B : deuxième rendez-vous pour les badges copropriété.
| Acteur | Rôle à J-3 | Rôle à J | Rôle à J+1 |
|---|---|---|---|
| Agence | Convocation + dossier complet | EDL + photos + PV de remise | Transmission du dossier numérisé |
| Syndic | Activation des badges | Support technique | Correction si badge défectueux |
| Propriétaire | Prépare clés et justificatifs | Remise et signatures | Archivage des documents |
Ligne de force : professionnaliser la remise fait gagner du temps, rassure et évite de basculer vers le contentieux.
Études de cas réalistes : erreurs fréquentes et solutions qui marchent
Cinq scénarios condensent la majorité des blocages. 1) Le logement n’est pas prêt (travaux en retard). 2) Badge d’immeuble non programmé. 3) Locataire absent au rendez-vous. 4) Bailleur exige une pièce non prévue et refuse la remise. 5) Désistement de dernière minute. Chaque cas a une sortie par le haut si l’on combine droit et pragmatisme.
Cas n°1 : Travaux en retard. Karim propose un avenant : date d’effet décalée de 5 jours, remise provisoire d’un jeu de clés si une chambre est habitable, réduction de loyer au prorata. Nora accepte, l’EDL couvre les pièces accessibles et un complément à J+5 boucle le dossier. Cas n°2 : Badge non programmé. On remet les clés du logement et de la boîte aux lettres, avec un procès-verbal indiquant l’accès provisoire via gardien. Le loyer commence ; le badge suit le lendemain.
Cas n°3 à n°5 : absence, exigence abusive, désistement
Cas n°3 : Nora ne vient pas à l’EDL. L’agence fait établir un constat, propose 2 nouveaux créneaux sous 48 h et met en demeure à J+5. Au besoin, référé pour imposer la remise si le blocage perdure. Cas n°4 : Karim réclame un document non prévu par la loi (ex : acte notarié). Refus abusif : Nora met en demeure de délivrer, propose une garantie alternative (attestation employeur, garant via service agréé). Cas n°5 : désistement. Nora adresse un congé formel, et Karim reloue. Les loyers dus couvrent la période non relouée uniquement, ce qui limite l’impact.
La finesse consiste à ne pas tout judiciariser. Une négociation cadrée produit vite des résultats : réduction ponctuelle de loyer, entrée échelonnée, remise d’un double partiel, dépôt conservé à titre de garantie d’exécution. Et si tout échoue, retour à la case tribunal judiciaire avec un dossier solide.
- Mots-clés opérationnels : avenant de date d’effet, constat, mise en demeure, référé, astreinte.
- À proscrire : exigences hors la loi, rétention de clés injustifiée, chantage au dépôt.
- Objectif : remise des clés rapide, traçabilité parfaite, coûts maîtrisés.
| Problème | Solution rapide | Clause/outil | Escalade |
|---|---|---|---|
| Logement pas prêt | Avenant + remise partielle | Date d’effet différée | Indemnisation au prorata |
| Badge manquant | Remise clés + accès provisoire | PV de remise | Coordination syndic de copropriété |
| Absence au rendez-vous | Constat + reprogrammation | Relance locataire | Mise en demeure puis référé |
| Exigence illégitime | Refus motivé + alternatives | Grille pièces légales | Injonction de délivrance |
| Désistement | Congé formel | Préavis légal | Relocation et arrêt des comptes |
Le principe d’action : documenter, négocier vite, et garder le recours judiciaire comme accélérateur final, pas comme premier réflexe.
Le loyer est-il dû si les clés ne sont pas remises à la date prévue ?
En règle générale, non si le retard provient du bailleur : sans remise des clés et entrée effective, le loyer n’est pas exigible. Si le locataire est à l’origine du retard (absence à l’état des lieux, défaut d’assurance habitation), un loyer ou une indemnité d’occupation peut être réclamé.
Combien de temps le propriétaire a-t-il pour rendre le dépôt de garantie ?
Selon l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, le délai est d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme, deux mois en cas de dégradations. Le délai commence à courir uniquement après la restitution effective des clés.
Quel tribunal saisir en cas de blocage ?
Les litiges locatifs d’habitation relèvent du tribunal judiciaire (ex-Tribunal d’instance). Le référé permet d’obtenir rapidement une ordonnance imposant la remise des clés sous astreinte.
Puis-je porter plainte pour non-restitution des clés en fin de bail ?
Oui, la rétention volontaire de clés peut relever de l’abus de confiance (art. 314-1 du Code pénal). Le délai de prescription du délit est de 6 ans. La plainte pénale peut s’ajouter aux recours civils.
Quel rôle pour l’agence immobilière et le syndic ?
L’agence orchestre l’état des lieux, la remise et la traçabilité des clés ; le syndic gère l’activation des badges et les accès communs. Leur coordination limite les retards et sécurise la date d’effet du contrat de location.







